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>  LA  GYPAETE  BARBU  <
Gyapetus barbatus - Lammergeier - Altore
 
Présentation : le gypaète barbu est le second plus grand vautour d'Europe (Taille : 100 à 115 cm, envergure : 245-272 cm, poids : 5 à 7 kg. Tête est masquée de noir, barbichette noire sous le bec, dos et queue noir, tête cou et poitrail rouge-orangé, yeux blanc cerclés de rouge. Pattes grises, et bec couleur corne. En vol, vous le reconnaîtrez aisément à ses longues ailes et à sa queue cunéiforme (en forme de losange).


Habitat : milieu de montagne, en général au dessus de la limite supérieure de la forêt.

Nourriture : les zoologistes disent qu'il est un vautour. Mais il s'en différencie par son régime alimentaire. Son nom vernaculaire en Espagne est : brantahuesos (casseur d'os). Gypaète vient du grec "gyps" vautour et "aëtos" aigle. Quand les charognards auront nettoyé toutes les parties molles d'une carcasse, alors le Gypaète interviendra. Econome par excellence, il ingurgite pattes, sabots et os. Son gosier est large (70 mm environ), et peut engloutir des os entiers mesurant jusqu'à 250 mm de long et 35 mm de diamètre.
Lorsqu'un os est trop grand, le gypaète va le fracasser sur son ossuaire. Les os se cassent rarement du premier coup, et certains sont lancés à 50-100 m de hauteur plus d'une vingtaine de fois. Mais en moyenne, au bout de 6 fois, les os sont suffisamment petits pour être ingérés.
Il n'a pas à subir de concurrence et profite d'une nourriture 15% plus riche que la chair. L'essentiel de l'énergie est concentré dans les apophyses osseuses et non dans la moelle comme on le suppose. Son appareil digestif est le seul capable de supporter une telle alimentation.


Effectifs : la Corse est avec les Pyrénées, l'un des derniers bastions de l'espèce en Europe, en effet elle abrite 10 territoires occupés en permanence (8 en Haute-Corse, 2 en Corse-du-Sud) en 2004.


Menaces :
  • le manque de nourriture. En effet, l'élevage traditionnel (de brebis et de chèvres) et la transhumance deviennent de plus en plus rare alors que ces animaux morts sont la nourriture principale des gypaètes. Le mouflon (seul ongulé sauvage non forestier) est rare en Corse : 600 à 1 000 mouflons dans le massif de Cintu-Asco et 200 à 300 dans le massif de Bavella. Le nombre d'animaux morts chaque année est insuffisant pour nourrir une grande population de vautours. Seuls quelques secteurs du Monte Cintu et de Bavella possèdent une densité suffisante en carcasses.
     
  • le statut insulaire de l'espèce. En effet, les nouveaux territoires disponibles sont peu nombreux et la consanguinité risque d'être importante. Le sex-ratio (nombre de mâles par rapport au nombre de femelles) est peut-être déséquilibré.
     
  • le dérangement des sites de nidification. On observe de plus en plus souvent la création de pistes forestières à proximité des falaises, ainsi qu'une présence accrue d'hélicoptères en montagne. Ces facteurs dérangent fortement la reproduction du gypaète et limite de nombre de jeunes à l'envol.
     
  • le braconnage par tirs directs. Ils sont heureusement de plus en plus rares mais n'ont pas totalement disparu : 2 gypaètes ont été tirés en 1991 (1 subadulte et 1 immature) et les restes d'un adulte ont été retrouvés en 1999 sans que l'on sache l'origine de sa mort.
     

Statut de protection :

- protégée en France par le loi relative à la protection de la nature du 10 juillet 1976
- inscrite dans l'annexe 1 de la directive oiseaux de 1979


Où voir l'espèce : dans les hautes montagne de Corse ou plateaux rocheux ; aiguilles de Bavella, Haute-vallée de l'Asco, massif du Cinto...

 

 

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